Export des sauvegardes dans le Cloud

by Mickaël LOPES
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Je m’attaque maintenant à un monde que j’appelle le monde oublié. Vous savez aussi bien que moi que le service informatique n’est pas vraiment le service préféré dans une entreprise. Mais au sein de ce service se cache une division qu’on aime encore moins : la sauvegarde !

Je m’intéresse pas mal à ce monde. Le monde de la sauvegarde et de la restauration. La sauvegarde est la première étape d’un PRA. Pourtant pendant les projets on néglige ce service. Souvent à cause de sa non souplesse et de règles bien trop strictes (si ce n’est pas la performance qui est mise en cause).

Je ne vais pas débattre de la sauvegarde aujourd’hui, mais d’un processus à la fin de la chaine : les exports.

Il s’agit de l’étape cruciale, nos données sont hébergées ailleurs afin qu’en cas de sinistre majeur, les données puissent être restaurées.

Le Cloud étant maintenant bien ancré dans les esprits, j’aimerai revenir sur cette étape et poser la question : Pourquoi continuer avec les lecteurs de bandes et la bande ?

Les lecteurs de bandes et les bandes

Peu importe où je me rends dans les entreprises, et de toutes tailles, je me retrouvais face à cet appareil. La seule différence est bien entendu la taille de l’infrastructure mise à disposition.

L’intérêt principal de la bande est sa rapidité pour l’export. Même si l’écriture prend du temps, l’export peut être très rapide avec juste une visite en salle serveur afin de récurer les bandes et les stocker dans un endroit sur.

La technologie répond tant bien que mal aux enjeux majeurs d’aujourd’hui qui sont :

  • Volumétrie de sauvegarde de plus en plus importante
  • Fenêtre de sauvegarde qui se réduit de plus en plus

Beaucoup trop de données à sauvegarder et des fenêtres trop courtes

Quand je parle d’externalisation de sauvegarde (voir même de sauvegarde hybride), les premières phrases sont : « J’ai beaucoup trop de données à sauvegarder !  » ou encore « Vous avez pas vu la taille de ma Full ?! »

Certes, je le conçois. Mais vous n’avez pas non plus design votre solution de sauvegarde à vu d’œil comme ça n’est-ce pas? Vous ne sauvegardez pas 10 serveurs comme 1000.

Je n’ai pas encore fait un article sur la sauvegarde parfaite pour moi (j’y pense, j’y pense), mais quand nous parlons d’externalisation de sauvegarde, on peut également parler de votre solution de sauvegarde au global.

On ne sauvegarde pas une VM comme on sauvegarde une machine physique, pour moi ça va même plus loin, on ne sauvegarde pas en 2015 comme on sauvegardait en 2010. L’informatique va à une telle vitesse, il faut que tout aille dans le même sens. L’outil de sauvegarde doit suivre les tendances de votre IT.

La bande permet de stocker jusqu’à 6 To en compressé sur du LTO 6, mais si vous êtes tenter par la migration vers ce type de médias, le prix d’une telle solution ne vous incite pas a regarder d’autres choses ?

J’imagine que vous êtes dans le scénario suivant :

Tradiational

Dans du coup, vous devez gérer la logistique de l’export de vos bandes.

Les alternatives Cloud

Avec un export dans le Cloud, plus besoin de vous occupez de vos bandes et de se demander quelle bande contient quelles données. C’est déjà pas mal, mais vous n’avez pas non plus à gérer l’export de vos bandes physiquement. Vous savez qu’elles sont à portée de main réseau.

Voici trois alternatives possible pour vous éviter de continuer avec la bande.

La baie StoreSimple

J’avais parlé de cette baie ici : http://lopes.im/presentation-storsimple/

Dans cette solution, on a pas mal d’avantages : des accès rapides en local et de l’export au fil de l’eau. Les données sont entièrement cryptées via une clé personnelle.

C’est un export au fil de l’eau. Il n’y a pas un job final de copie pur dans Azure. Mais à intervalle régulier la baie est complètement sauvegardée dans Azure.

Au niveau de la configuration de l’outil c’est une baie de stockage. Et en terme d’IOPS c’est très correct (merci le SSD).

L’intérêt est d’utiliser la baie StoreSimple comme baie de stockage de vos sauvegardes. Il ne faut pas que le logiciel de sauvegarde cherche toutes ses sauvegardes car les données reviendront en local.

Il faut par contre vérifier que votre outil de sauvegarde est compatible avec cette solution. Par exemple, VEEAM est compatible avec StoreSimple comme Backup Repository 🙂

Du coup, vous pouvez rendre l’export complètement transparent.

Vous arrivez donc dans un schéma comme celui-ci :

Traditional+StoreSimple

Azure Backup

Azure Backup est une fonctionnalité qui permet de sauvegarder des fichiers et dossiers dans Azure.

On peut tout à fait imaginer une dernière étape après votre sauvegarde. Les fichiers de sauvegarde sont déposés dans un dossier et Azure Backup se lance pour les exporter.

Et en plus ça se script bien 🙂 : https://technet.microsoft.com/en-us/library/hh831765.aspx

La solution permet également de sauvegarder directement vos serveurs dans Azure. On installe l’agent et on décide des données à sauvegarder. Très belle offre pour les clients ayant peu de serveurs ! Mais moins utilisable dans le cas d’un nombre plus important ou souhaitant faire des sauvegardes applicatives.

La solution permet de sauvegarder des postes clients, pas mal pour fournir à des utilisateurs nomades une solution pour leurs données.

La situation est donc un changement après l’étape de sauvegarde traditionnelle. Les données ne sont plus envoyées vers des lecteurs de bandes ou solution de cryptage mais vers Azure.

Cette fois-ci, nous nous retrouvons dans cette situation :

Tradiational + Azure

Utiliser les services Azure via votre outil de sauvegarde

Les éditeurs ne sont pas restés sans réagir face à cette solution, et avec les dernières versions vous avez surement la possibilité de faire des exports vers le Cloud quelque part via votre outil de sauvegarde.

Microsoft DPM & VEEAM Backup par exemple font ça très bien !

Du coup vous avez la possibilité d’avoir vos sauvegardes en interne et Azure et surtout une visibilité sur l’ensemble de votre historique et archivage depuis la même interface.

Le petit plus c’est que certains outils fournissent des outils de déduplication réseau ce qui vous permet même d’économiser sur le coté moins drôle qui suit.

Le coté moins drôle : la bande passante & l’impossible

Quand on parle de stockage des données dans le Cloud, la bande passante pose des problèmes assez rapidement.

Les prix proposés par les différents opérateurs vous permettent d’obtenir une fibre à moindre cout (au minimum 10Mb/s). Mais vous allez voir que 10Mb/s pour du surf Internet, c’est pas mal. Mais pour de l’export de sauvegarde, c’est léger. Donc au niveau coûts et architecture, vous devez faire le choix d’utiliser la connexion Internet avec l’export ou alors de dédier une fibre à l’export.

L’impossible ? C’est quand intervient le volume des données face à la bande passante disponible

C’est un autre facteur qui impose la limite au stockage dans le Cloud. Combien de temps faut-il pour répliquer toutes vos données. Si vous avez une fibre 10Mb/s, vous pouvez en théorie exporter 1,25 Mo/s soit 75 Mo/h. Si vous souhaitez exporter 5 To, il vous faudra plus de 68 heures soit un peu moins que 3 jours ! Alors du coup, la question se pose : Uniquement mes fulls ou alors Full + incrémentiel ? Et grâce à la réponse, vous allez pouvoir décidé le débit nécessaire.

Très vite un savant calcul entre prix de la bande passante et quantité de données à exporter fois prix du stockage va faire jouer le prix de la solution.

Il faut également tenir compte du temps pour rapatrier les données dans vos datacenters.

Pour ce qui est de l’archivage pur et dur, et que vous avez énormément de To, il est possible d’envoyer vos disques dur dans les Datacenter Azure.

Plus d’informations ici : https://azure.microsoft.com/fr-fr/documentation/articles/storage-import-export-service/

Et le légal ? Et la sécurité ?

Votre assurance veut une sauvegarde sur 2 supports physiques différents. Parfait ! Le Cloud est considéré comme un média physique différent que de simples disques dur.

Vous avez peur d’avoir vos données à l’étranger? C’est un critère de choix. Azure ne propose que 2 zones géographiques européenne avec des datacenters en Irlande et Allemagne. Pas de Datacenter en France actuellement. Mais il existe d’autres fournisseurs de service avec des Datacenters uniquement en France.

Le point intéressant sur des technologies comme StoreSimple, vos données sont cryptées avant d’être envoyé. C’est évident que vos sauvegardes doivent, peu importe la solution, être cryptées avant de sortir de vos locaux.

Conclusion

L’arrivée du Cloud et de son stockage à bas coût nous permet de revoir notre méthode d’export des sauvegardes. Je suis conscient que ce scénario ne s’applique pas à tous. Mais pourquoi ne pas rendre encore un peu plus souple et dynamique une brique essentielle de votre SI à savoir l’externalisation ?

Si on se focalise sur les coûts, voici pour moi les paramètres :

Externalisation sur bandesExternalisation vers le Cloud
Le coût des librairiesLe coût de la bande passante
Le coût des bandesLe coût du stockage
Le coût de l'externalisation physique (société externe)
Le coût du personnel (exploitation)

Vous allez pouvoir trouver si une solution est plus rentable qu’une autre.

Bonnes sauvegardes

-Mickaël

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1 comment

hébergement datacenter 7 juin 2018 - 16:19

Merci pour le partage d’informations Mickaël. Le cloud est encore très apprécié pour sa vitesse et sa flexibilité de nos jours mais cela ne veut pas dire qu’il n’a pas de faille. L’accessibilité et la sécurité des données ont toujours été un enjeu énorme pour les entreprises d’où je conseillerai plutôt aux utilisateurs de faire attention sur le choix du prestataire sachant que la sécurité dans le cloud repose sur la pérennité du prestataire. Pour ceux qui ont tendance à utiliser des outils en ligne, ton article est un excellent support d’aide 😉

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